“Regards en coin, roulement d’yeux, ricanements, marivaudages, effroi… rien ne manque à la palette scénique de Sondra Radvanovsky. Endurance, aigu péremptoire, forte à forcer l’accélération des travaux de Bastille, ce messa di voce à la toute fin d’un « Vissi d’arte » par ailleurs sobre… : Sondra Radvanovsky use de toute sa science belcantiste, non par ostentation mais avec une intelligence musicale hors pair. Car en creux, derrière cette voix sûre d’elle-même et cette incarnation excessive, elle dessine une Tosca faible, jouet de ses passions, qui tue plus par réflexe qu’autre chose, qui se gausse sur le corps de Scarpia (« avanti a lui… ») pour sombrer dans une crise de nerf immédiate. Il fallait bien cinq cent et quelques Tosca pour nous apprendre encore quelque chose sur le rôle.”

Forum Opéra

“La première est sans conteste l’étoile de la soirée. Sa connaissance du rôle frappe les yeux et les oreilles tant la cantatrice capte la lumière et brûle les planches. Féminine, juvénile et drôle, voici une grande amoureuse tactile et sensuelle à laquelle personne ne peut résister et encore moins Mario qui souhaite pourtant s’en débarrasser pour pouvoir s’entretenir avec Spoletta fraîchement échappé de prison. La voix de Radvanovsky se répand comme une onde avec aisance et fluidité au premier acte, avant de gagner en intensité au second, avec une pause salvatrice pendant un “Vissi d’arte” anthologique chanté sur le souffle, puis d’exulter sur le corps de Scarpia qu’elle vient de tuer à l’instinct, sans préméditation. Pensant s’être libérée d’un fardeau, elle retrouve Mario sur un camp militaire, au comble de la joie (quels aigus dardés couronnent le “Trionfal”) à jamais rattrapée par le plan machiavélique du chef de la Police. L’une des plus belles incarnations actuelles de ce personnage qu’elle ne cesse de réinventer depuis plusieurs décennies.”

Concert Classic

“Car, cette Tosca, c’est la grande Sondra Radvanovsky … elle se montre en pleine maîtrise du rôle, se paye le luxe de moduler chaque phrase, et rend crédible chaque situation avec noblesse, y compris dans la scène de l’assassinat de Scarpia. Il est de ces artistes qui n’interprètent pas un personnage, mais le deviennent instantanément en entrant en scène. Dans Tosca, Radvanovsky est de celles-là et l’on est, une fois de plus, vaincu par tant de talent.”

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